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  • Photo du rédacteurJérôme LACHOT

De la théorie polyvagale à la pratique

Avez-vous déjà entendu parler du Système Nerveux Autonome ?

Du nerf vague ? De la théorie polyvagale ?


Le Système Nerveux Autonome (SNA) est extrêmement complexe et n'a pas encore révélé tous ses secrets.


De façon non volontaire et non consciente, c'est lui qui assure notre équilibre homéostasique en régulant toutes nos fonctions vitales: respiration, rythme cardiaque, pression artérielle, température corporelle, immunité, digestion, élimination, sexualité et reproduction... Egalement impliqué dans la gestion du sommeil, de la douleur, du comportement alimentaire et des émotions, il permet par ailleurs à l'être humain de s'adapter aux situations conflictuelles ou de détresse.


S'il est admis que la qualité des premières interactions entre le bébé et son entourage (ses parents en premier lieu) conditionne par l'attachement qu'elles génèrent les sentiments de réconfort et de sécurité, toute défaillance à ce stade est susceptible de fragiliser voire de déséquilibrer le SNA de l'enfant et de l'adulte en devenir. C'est ainsi que, dans un contexte "défavorable", le lit du stress chronique ou de la dépression se creuserait dès les premiers mois de vie.























Le nerf vague est une des composantes du SNA (on le nomme souvent au singulier mais en fait il y en a deux, un à droite et un à gauche).

Xème nerf crânien aux ramifications multiples, il s'étend tel une toile d'araignée depuis le tronc cérébral jusque dans les méandres de notre abdomen. C'est le principal support neurologique du "sous-système" parasympathique, qui forme avec son antagoniste, le "sous-système" (ortho)sympathique, les deux entités complémentaires du SNA.


Dans les années 1990, le psychologue, universitaire et neuroscientifique américain Stephen Porges remet en cause cette vision bipartite du SNA en décrivant deux branches au nerf vague, l'une dite dorsale et l'autre ventrale, distinctes dans leur anatomie et leurs fonctions respectives. Cette découverte est à l'origine de la théorie polyvagale.

Apparu plus tardivement dans l'évolution phylogénétique, le vague ventral répondrait aux notions d'engagement, de communication sociale et aux comportements d'auto-apaisement. Le vague dorsal, plus "primitif", susciterait les comportements de sidération et de "gel" face au danger (comme feindre la mort pour échapper à un prédateur), tandis que l'orthosympathique serait dédié à la fuite ou au combat en cas de menace vitale. D'après Stephen Porges, l'efficience du vague ventral permettrait d'éviter l'activation inappropriée en "mode par défaut" des deux autres voies nerveuses, incriminée dans la survenue de nombreux troubles ou pathologies physiques et psychiques (troubles anxieux et phobiques, stress post-traumatique, dépression, fibromyalgie, maladies chroniques inflammatoires et pathologies fonctionnelles digestives ...). Cette notion de hiérarchie, associée à celles de neuroception (cognition sans conscience déclenchée par un stimulus tel qu'un danger) et de co-régulation (interaction émotionnelle entre deux personnes visant à créer une stabilité et une diminution de la détresse émotionnelle globale), forment le trépied sur lequel repose la théorie polyvagale.


Ce concept reste une théorie et, s'il se fonde sur des données des neurosciences, de biologie évolutive et de psychologie, il n'en reste pas moins décrié aujourd'hui par une partie de la communauté scientifique qui la juge trop simpliste et erronée sur certains aspects, tant anatomo-fonctionnels que phylogénétiques.

Stephen Porges déclarait lui-même en 2021:

"la théorie n'a pas été proposée pour être prouvée ou falsifiée".


Néanmoins, un certain nombre de courants psychothérapeutiques ont intégré les notions développées par Stephen Porges car elles permettent un nouveau mode d'appréhension des comportements et des relations interpersonnelles incriminés en psychopathologie, dans les situations d'anxiété et de stress chroniques ou post-traumatiques notamment. Les notions d'engagement social et de sécurité, au coeur-même de la théorie polyvagale, peuvent ainsi être abordées à travers différents outils thérapeutiques qui ne cessent d'évoluer avec des résultats prometteurs: vigilance accrue quant à l'environnement et à l'attitude du professionnel lors des thérapies afin de créer pour le patient un climat de sécurisation optimale, utilisation d'exercices visant à solliciter les afférences sensorielles et les nerfs crâniens impliqués dans l'engagement social, exercices respiratoires, auto-évaluation de la neuroception et des réactions qui en découlent afin de mieux les appréhender et de les modifier, stimulation du nerf vague par voie transcutanée ou chirurgicale (pose d'implant au niveau cervical)...


On ne peut évoquer la théorie polyvagale, même ici en s'efforçant d'en vulgariser le propos, sans faire mention de la Variabilité de la Fréquence / du Rythme Cardiaque (VRC). Pour Stephen Porges, ce paramètre physiologique - que nous ne détaillerons pas ici - est le reflet direct de la qualité de fonctionnement du nerf vague ventral. Or, il se trouve que certaines pratiques aujourd'hui largement recommandées pour leurs bienfaits à différents niveaux s'avèrent être en mesure d'améliorer cette VRC. Il s'agit notamment de toutes les disciplines mobilisant la respiration dans des amplitudes et des rythmes particuliers, telles que certaines formes de yoga et de méditation, la sophrologie, la cohérence cardiaque... Leur pratique régulière doit être largement encouragée pour favoriser le bon fonctionnement du nerf vague et contribuer ainsi à une meilleure santé physique et psycho-émotionnelle de celles et ceux qui en ont besoin, soit une grande majorité de la population tellement sont nombreuses les sources d'agression potentielles de notre SNA.



Théorie polyvagale et Biokinergie... quel est le lien ?


En s'adressant pour partie au système énergétique de la médecine chinoise, la Biokinergie agit sur l'équilibre quantitatif et qualitatif entre le Yin et le Yang, auxquels font pour partie écho sur un plan physiologique les fonctions parasympathique et orthosympathique, tout en prenant en considération les étroites interactions entre la sphère psycho-émotionnelle et le système somato-viscéral. D'autre part, comme l'ostéopathie, la Biokinergie s'attache à libérer les structures dont la mobilité est perturbée, et celles traversées par les nerfs n'échappent pas à cette règle. La restauration d'une bonne mobilité tissulaire engendre ainsi une amélioration des fonctions gouvernées par les tissus incriminés.


En résumé, dans le cas présent, la levée de tensions dans les structures traversées par les nerfs vagues et d'autres nerfs crâniens à différents "étages corporels" (crâne, rachis cervical et cou, thorax, abdomen...) sont susceptibles d'améliorer la conduction des informations afférentes ou efférentes qu'ils véhiculent.

Le fonctionnement du système parasympathique s'en trouverait donc optimisé, comme en témoignent les réactions et résultats après certaines séances de Biokinergie.

L'abord indirect du SNA par la Biokinergie va donc de soi.


En 2022, l'invitation d'Eric Marlien par le Centre d'Enseignement et de Recherche en Biokinergie (CERB) à dispenser son enseignement est venue apporter une autre dimension aux praticiens présents, dont j'ai la chance d'avoir fait partie. Eric Marlien exerce et enseigne l'ostéopathie depuis de nombreuses années, et il s'intéresse depuis toujours au fonctionnement du SNA. Ses nombreuses recherches sur le sujet l'ont amené à étudier de près la théorie polyvagale de Stephen Porges et l'ouvrage qu'il publie en 2018, Le système nerveux autonome, de la théorie polyvagale au développement psycho-somatique (applications thérapeutiques et ostéopathiques), est l'un des tout premiers à aborder cette thématique en langue française. Il enseigne aujourd'hui ce concept à travers le monde.

Outre la théorie polyvagale dont il tire des applications thérapeutiques manuelles inédites, Eric Marlien fonde sa méthode sur différentes approches qui convergent toutes vers un seul but: stimuler et tonifier le nerf vague ventral pour un meilleur équilibre et un meilleur fonctionnement du SNA. Fort de son expérience en ostéopathie, psychologie, hypnose éricksonienne, biomécanique humaine, sophrologie médicale, EMDR, auriculothérapie... et de sa grande culture des médecines et philosophies orientales, il conjugue ainsi, tout comme le fondateur de la Biokinergie Michel Lidoreau, des approches occidentales modernes avec des savoirs ancestraux venus d'Orient. Comme en Biokinergie, et bien que le processus thérapeutique soit différent, la technique élaborée par Eric Marlien intègre la stimulation de points cutanés spécifiques hérités des médecines chinoise et ayurvédique, ainsi que de l'auriculothérapie. Elle permet d'agir par voie réflexe sur les facultés de régulation du SNA et non mécaniquement sur les structures anatomiques traversées par les nerfs qui le composent, grâce à un protocole dont la précision répond à la richesse des informations véhiculées depuis la peau jusqu'aux structures qui gouvernent nos fonctions vitales citées en introduction...du bout des doigts.



Conquis par les qualités humaines et pédagogiques d'Eric Marlien, les praticiens en Biokinergie ne pouvaient qu'être sensibles à son enseignement, si proche par bien des aspects de leur "culture". Sa rencontre avec Michel Lidoreau donnera d'ailleurs naissance en 2023 à une nouvelle formation post-grade pour les biokinergistes, donnée conjointement et avec enthousiasme par les deux enseignants: Les centres énergétiques vitaux et les corps subtils de la médecine ayurvédique. Ces journées furent une occasion supplémentaire de constater la complémentarité et les convergences de vues de deux approches ayant des racines communes, avec à la clé un enrichissement mutuel profitable à nos pratiques respectives.


Et si le nerf vague ventral était un chef d'orchestre capable de témoigner à travers tout l'organisme de la qualité de fonctionnement de notre système énergétique ?


Jérôme Lachot



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