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Quand les organismes surchauffent

  • Photo du rédacteur: Jérôme LACHOT
    Jérôme LACHOT
  • il y a 1 jour
  • 14 min de lecture

Peut-on aider son organisme à s’adapter à la chaleur ?


Les épisodes de canicule successifs que nous connaissons depuis le mois de mai dernier mettent fortement nos organismes à contribution, parfois jusqu'à les malmener plus ou moins sévèrement.


Transpiration plus importante, sensation de fatigue, sommeil perturbé, jambes lourdes, céphalées, baisse de l'appétit, troubles digestifs, chute de libido, difficulté à maintenir son rythme habituel, troubles de l'humeur... Vous vous reconnaissez peut-être à travers l'énumération de ces symptômes. Grâce au système nerveux autonome, garant de l'homéostasie, notre corps est capable de maintenir sa température interne dans une zone compatible avec son bon fonctionnement, mais lorsque la chaleur devient trop intense ou se prolonge au-delà de certaines limites, ces mécanismes sont davantage sollicités, jusqu'à être parfois mis en défaut.


La Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) propose une lecture particulière de ces phénomènes. Elle considère notamment la Chaleur comme une influence extérieure susceptible de perturber l'équilibre de l'organisme si elle est présente en excès, de manière prolongée ou survient de façon "anachronique" (ce qui est actuellement le cas puisque, conformément à la notion évoquée dans le post publié en août 2025 L'Automne, une saison pas si triste, idéale pour se recentrer sur soi, nous sommes déjà en automne au moment où je rédige cet article et la température ambiante avoisine les 40°C ! ) et elle porte une attention particulière aux notions de Qi, de liquides organiques, de Yin et de "ressources profondes".

Si cette vision ne constitue pas une explication physiologique au sens propre du terme, la grille de lecture propre à la MTC s'est construite au fil des siècles à partir de l'observation du Vivant sous toutes ses formes, en interaction et interdépendance les unes avec les autres. Cette conception nous invite à une réflexion intéressante dans le contexte actuel :


Comment et pourquoi préserver nos ressources lorsque notre organisme doit s'adapter à une chaleur importante et/ou prolongée ?


Ce que nous dit la physiologie humaine



Lorsque la température extérieure augmente, l'organisme doit évacuer davantage de chaleur afin de maintenir sa température interne constante aux alentours de 37°C et la transpiration joue un rôle essentiel dans ce processus. En s'évaporant à la surface de la peau, la sueur permet de dissiper une partie de la chaleur interne produite par le corps, mais cette adaptation a un prix : nous perdons de l'eau et des électrolytes ! Si ces pertes deviennent trop importantes par rapport aux apports, la déshydratation nous guette ainsi que d'éventuelles carences en sels minéraux. Une exposition prolongée à une forte chaleur peut également aller jusqu'à une forme d'épuisement voire, dans les situations les plus graves, à ce que l'on nomme un coup de chaleur avec engagement potentiel du pronostic vital.


La chaleur peut également affecter le fonctionnement cardiovasculaire et rénal, augmentant notamment les risques d'accident cardiaque et d'insuffisance rénale aiguë.

Les recommandations sanitaires simples mais essentielles comme le fait de boire régulièrement, se rafraîchir, éviter les efforts importants pendant les heures les plus chaudes - n'en déplaise aux organisateurs et sponsors du Tour de France cycliste ! - sont là pour sensibiliser le grand public à ces phénomènes.


La première règle reste donc toujours la prudence. Les conseils issus de la MTC ne se substituent pas aux recommandations médicales et sanitaires, qui relèvent elles-mêmes du bon sens, mais nous verrons qu'elles s'y superposent dans les grandes lignes tout en y apportant une grille de lecture différente.


La chaleur selon la Médecine Traditionnelle Chinoise


Dans la théorie traditionnelle chinoise, l'Été est associé au mouvement Feu.

Le Feu représente l'expansion, l'activité, la lumière, la chaleur et une forme d'ouverture vers l'extérieur. Nous comprenons ici d'emblée que le "pseudo-confinement" auquel sont contraints une partie d'entre nous pour supporter au mieux des températures anormalement élevées est en incohérence avec les principes-mêmes de la saison !



L'Été est donc une période d'expression et de mouvement, durant laquelle la nature atteint son développement maximal avec une apogée autour du solstice. Mais comme pour toute influence climatique (voir le post intitulé Et si c'était le Vent ? ), la présence en excès de l'énergie qui lui est associée peut devenir problématique. On parle alors en MTC d'énergie perverse d'origine externe. La MTC distingue ainsi la chaleur estivale normale d'une chaleur excessive, susceptible de perturber les équilibres énergétiques du corps et d'en affecter le fonctionnement.


Cette notion de Chaleur ne se limite donc pas à la seule température corporelle mesurée avec un thermomètre. Dans le langage de la MTC, elle décrit un ensemble de manifestations traditionnellement associées à un excès de chaleur : sensation de chaleur interne, transpiration importante, soif, agitation, fatigue, atteinte des liquides organiques..., tout ceci s'exprimant à travers un vocabulaire et des notions spécifiques à cette tradition.


Qi, liquides et chaleur : quelques clés pour mieux comprendre


Pour comprendre le raisonnement de la MTC, je vous propose ici quelques notions fondamentales volontairement simplifiées pour être accessibles au plus grand nombre. Certains termes chinois seront ainsi écartés par souci de simplification et nous utiliserons d'emblée leur traduction pour plus de clarté. Je précise également que nous focalisons notre propos sur la Chaleur indépendamment de toute autre forme d'Energie perverse qui peut lui être associée, telle que la Sécheresse que nous connaissons de façon extrême et concomitante depuis des semaines.


Le Qi peut être très schématiquement présenté comme une forme de force fonctionnelle ou d'énergie nécessaire aux différentes activités de l'organisme ainsi qu'à nos fonctions psychiques.

Les liquides organiques désignent quant à eux l'ensemble des liquides physiologiques qui assurent la lubrification, l'hydratation et la nutrition des différents tissus.


Lorsque la chaleur devient excessive, la MTC considère que celle-ci peut engendrer une "consommation" exagérée des liquides mais aussi du Qi. La transpiration constitue encore ici un élément central: plus elle est importante et prolongée, plus la perte de liquides est considérée comme significative et potentiellement néfaste, notamment à la qualité du sang (par définition liquide !) et secondairement au fonctionnement du Cœur. Par ailleurs, le déficit en Eau - énergie des Reins - induit par l'excès de chaleur ne permet plus de contrôler le Feu du Cœur, qui finit à son tour par être impacté.


Par manque de lubrification et de nutrition, c'est par ailleurs l'ensemble des tissus et leur fonctionnement qui peuvent s'en trouver affectés, au premier rang desquels on trouvera les os, les dents, les cheveux, le cerveau, les nerfs... directement liés à l'énergie des Reins. Une fragilité de la région lombaire, également sous la dépendance de l'énergie des Reins, peut également se manifester à travers la survenue de lombalgies, d'épisodes de lumbagos, cruralgies ou sciatiques.


On pourrait résumer très simplement ce raisonnement ainsi :

Chaleur excessive → perte de liquides → consommation du Qi → sollicitation croissante des ressources de l'organisme → altération de certaines fonctions, manifestation de fragilités et vulnérabilités préexistantes → survenue de symptômes à court ou plus ou moins long terme.


Cette succession de phénomènes ne décrit pas stricto sensu une chaîne physiologique reconnue telle quelle par la médecine moderne, mais elle permet de comprendre comment la MTC construit son propre raisonnement en y intégrant des notions plus "subtiles". Et c'est à ce stade que la notion des Reins devient particulièrement intéressante.


Les Reins dans la conception chinoise: bien plus qu'un organe


Lorsque la MTC évoque les Reins, elle ne désigne pas uniquement les deux organes, un à droite et un à gauche sous les dernières côtes, que nous connaissons en anatomie humaine. On entend ici classiquement par Reins le "système des Reins", qui constitue une notion beaucoup plus large directement associée à la Vessie et à l'élément Eau.


Ce système s'apparente, entre autres, à une véritable batterie d'Energie dont la nature est classiquement traduite par Essence vitale.

Cette Essence vitale représente, dans la pensée chinoise, une forme de réserve d'Energie fondamentale et profonde de l'organisme, dont nous sommes chacun le dépositaire et qui se loge au niveau des Reins. Cette forme particulière d'Energie ancestrale et "originelle" nous vient de ce que la tradition chinoise nomme le "Ciel antérieur" et est donc innée. Il s'agit d'un "capital" de vie et de santé dont nous héritons dès notre conception, avec comme corollaire une grande disparité individuelle en termes de qualité et de quantité. Combinée à d'autres formes d'énergie apportées par l'air que nous respirons et l'alimentation que nous ingérons, celle-ci contribue à assurer l'ensemble des fonctions vitales et à animer notre vie psychique.


Le Yin et le Yang des Reins participent également à l'équilibre global des fonctions du corps, dont on retrouve les pendants dans les lois physiologiques connues aujourd'hui, à travers les différents principes et cycles de la MTC.


En lien étroit avec ce que la MTC nomme l'Energie défensive, nous pouvons noter également au passage le rôle important du système des Reins dans l'immunité. L' affaiblissement des Reins est donc susceptible de fragiliser l'organisme et de le rendre plus vulnérable à toutes formes d'agressions externes.


Cela permet de comprendre pourquoi, dans cette conception, une période de chaleur intense et prolongée peut devenir particulièrement exigeante pour l'organisme. Il ne s'agit pas de dire que "la canicule fatigue les reins" au sens médical moderne, mais plutôt de considérer que la perte importante de liquides et la sollicitation prolongée de l'organisme peuvent, dans le modèle énergétique chinois, finir par mobiliser des ressources plus profondes et précieuses, associées aux Reins, qui sont indispensables au bon fonctionnement de tout l'organisme, à son maintien en "bonne santé", et garantes d'une certaine longévité.


Quand la chaleur sollicite les ressources profondes


Dans la logique de la MTC, la chaleur excessive agit donc d'abord sur le Qi et les liquides.

Si l'exposition est importante ou prolongée, elle peut progressivement venir puiser dans les ressources Yin du corps.


Traditionnellement associé à une fonction de conservation, de nutrition et de rafraîchissement du système organique, le Yin des Reins occupe ici une place particulière.

Une atteinte du Yin peut donc être envisagée, dans cette théorie, lorsque l'organisme a été soumis durablement à une forte chaleur ou à une perte importante de liquides. C'est, schématiquement, un peu comme si nous épuisions progressivement la charge de notre climatiseur naturel que sont nos Reins pour faire face à l'excès de chaleur.

Ceci permet de comprendre certaines manifestations que la MTC associe à une consommation du Yin : sécheresse (observable au sein de différents tissus), chaleur ressentie davantage "à l'intérieur", fatigue ou récupération plus difficile...


Mais attention à ne pas transformer cette grille de lecture en diagnostic systématique !

Une personne fatiguée après une canicule n'a pas nécessairement une "faiblesse des Reins" . En MTC, l'évaluation diagnostique repose sur un ensemble d'éléments impliquant le terrain et des signes présentés par la personne à un moment donné, qui alimentent un raisonnement dont la complexité requiert une formation et une expérience solides.


Pourquoi certaines personnes supportent-elles mieux la chaleur que d'autres ?


Nous constatons tous que la tolérance à la chaleur varie considérablement d'une personne à l'autre. L'âge, l'état de santé, certains traitements médicamenteux, le niveau d'hydratation, la qualité du régime alimentaire, la nature et l'intensité des activités pratiquées, les conditions de logement... sont autant de facteurs qui peuvent modifier la manière dont chacun la supporte.


Mais en MTC interviennent également les notions de terrain et de ressources disponibles évoquées plus haut. Par exemple, une personne préalablement fatiguée, convalescente ou ayant traversé une période particulièrement éprouvante sur un plan physique ou psychologique peut être considérée comme disposant de ressources énergétiques moins importantes. Il en va de même avec l'âge puisque nos "batteries" se vident progressivement au fil des années, à une vitesse qui dépend directement de notre mode et de notre hygiène de vie.


Avez-vous observé combien les enfants, dont les batteries sont en "pleine charge" après seulement quelques années de vie (en dehors d'exceptions inhérentes à certaines pathologies congénitales ou acquises précocement), sont capables de maintenir une activité physique intense par de fortes chaleurs si l'on ne les "freine" pas ?


Une même température pourra alors être au même moment vécue très différemment selon les individus et donc engendrer chez chacun d'entre eux des adaptations et réactions différentes. Cette notion de terrain est intéressante car elle nous éloigne d'une vision purement mécanique et standardisée du corps et de son fonctionnement.


Il y a un environnement et un organisme qui s'adapte à cet environnement avec ses propres ressources.


Une canicule peut-elle influencer les saisons suivantes ?


C'est probablement l'un des aspects les plus intéressants de la vision traditionnelle chinoise car, dans cette conception, les saisons ne sont pas considérées comme quatre périodes complètement indépendantes. Elles s'inscrivent dans un cycle que nous avons déjà décrit dans le post intitulé Et si c'était le Vent ? .


Le printemps correspond au Bois.

L'été correspond au Feu.

L'automne au Métal.

L'hiver à l'Eau, mouvement auquel les Reins sont traditionnellement associés.

Une cinquième saison, ou intersaison, correspond à l'élément Terre et fera l'objet d'une prochaine publication sur ce blog.


Dans cette logique et selon un cycle dit "d'engendrement", ce qui s'est produit pendant une saison peut influencer la manière dont l'organisme abordera la suivante. Une saison estivale particulièrement chaude et éprouvante peut donc être envisagée comme une période ayant mobilisé davantage de ressources. L'automne introduit ensuite une dynamique différente, traditionnellement associée au Métal et à la sécheresse (voir le post intitulé L'Automne: une saison pas si triste, idéale pour se recentrer sur soi ). Puis vient l'hiver, associé au mouvement de l'Eau et aux Reins, période davantage tournée vers l'intériorisation et la conservation. Propice à la "remise en charge" de nos "batteries", le respect d'une forme de repos hivernal (voir le post intitulé C'est l'Hiver, déjà ! ) sera donc d'autant plus important que le Yin des Reins aura préalablement été mobilisé.


Ainsi, la MTC nous invite à penser non seulement "comment supporter cette canicule ? ", mais également :


" Comment préserver suffisamment mes ressources pour bien vivre la suite du cycle ? "

Il ne s'agit évidemment pas d'affirmer qu'une canicule provoquera nécessairement une fragilité plusieurs mois plus tard et la science ne permet pas à ce jour de tirer une telle conclusion à partir des concepts énergétiques de la MTC. Il s'agit néanmoins d'une manière traditionnelle de penser la continuité et l'adaptation entre les saisons qui se vérifie dans la pratique et l'exercice de la MTC ou des techniques qui en sont dérivées comme la Biokinergie.


Préserver ses ressources plutôt que lutter contre la chaleur


Cette idée rejoint finalement quelque chose de très simple: lorsque le corps est déjà fortement sollicité, il est préférable de ne pas lui demander davantage. Pendant les épisodes de forte chaleur, cela peut signifier :


💧 Boire régulièrement

Ne pas attendre d'avoir soif pour boire et rester attentif aux signes de déshydratation. Surveillez la couleur de vos urines ! Trop foncées ou plus rares, elles témoignent sans doute d'apports hydriques insuffisants.

🌿 Ralentir son activité

Éviter les efforts physiques importants pendant les périodes les plus chaudes et privilégier les moments plus frais de la journée, quand il y en a ! Attention néanmoins à ne pas trop écourter vos nuits pour intégrer quotidiennement ou presque à votre emploi du temps une pratique sportive nocturne ou extrêmement matinale ! Il peut être tentant, pour maintenir des objectifs sportifs ou se préparer à certaines échéances, d' "amputer" ses nuits pour conserver le volume d'entraînement initialement prévu en évitant les heures les plus chaudes. Cela est envisageable sans dommages à condition de n'être pas trop fréquent et de ménager d'autres phases de repos en journée, en quantités suffisantes pour assurer la nécessaire récupération de l'organisme.

🌙 Préserver son sommeil

La récupération devient particulièrement importante lorsque l'organisme est déjà sollicité par la chaleur. Optimisez les conditions dans lesquelles vous dormez et ne négligez pas la sieste !

🥗 Adapter son alimentation

Conserver une alimentation variée, suffisante et adaptée à la saison, en privilégiant des aliments frais et riches en eau...mais pas trop froids ! Des aliments consommés trop froids vont mobiliser de l'énergie, dans ce contexte d'autant plus précieuse, pour les amener à une température suffisante (38° environ) pour assurer leur digestion.

🌬️ Rechercher la fraîcheur

Se protéger de la chaleur, rafraîchir son corps et son environnement lorsque cela est nécessaire. Attention cependant à ne pas se refroidir exagérément ! L'application directe et prolongée de froid à la surface de la peau bloquant le processus de sudation par une fermeture des pores cutanés risque de "refouler" plus profondément dans l'organisme un excès de Chaleur qui aurait dû être évacué grâce à la transpiration. Cette énergie perverse maintenue en profondeur risque d'engendrer à plus ou moins long terme d'autres complications (je vous renvoie aux cycles reliant les saisons et les différents Elements, évoqués plus haut et dans des publications précédentes).

🧘 Écouter ses limites

Accepter que le niveau d'énergie puisse être amoindri pendant une période de forte chaleur.


Dans la logique de la MTC, il ne s'agit donc pas de chercher à renforcer ses Reins à tout prix, mais avant tout à ne pas épuiser ses précieuses ressources. Comme dans tout écosystème, l'énergie que l'on ne "consomme" pas n'aura pas à être extraite des réserves où elle est stockée. Et comme vous l'aurez compris, pour faire un parallèle opportun avec certaines préoccupations environnementales, nous disposons de sources d'énergies renouvelables (apports de l'alimentation et de la respiration notamment) mais également d'une forme d'énergie "fossile" disponible au niveau des Reins, qui n'est par définition pas renouvelable et qu'il est donc préférable d'économiser !


Un lien avec les émotions ?


La MTC associe traditionnellement l'Été à la Joie.



Cela peut sembler éloigné de la problématique de la canicule. Pourtant, le lien avec la sphère psycho-émotionnelle peut être envisagé de manière très concrète.


Nous savons qu'une chaleur prolongée peut perturber le sommeil, augmenter la fatigue et diminuer notre capacité à récupérer. Or le manque de sommeil et la fatigue qui en découle, la frustration de devoir réduire ou orienter différemment nos activités, ou encore la contrainte de vivre dans l'obscurité sont autant de facteurs qui peuvent naturellement modifier notre humeur, notre patience et notre disponibilité. La Joie de l'Été, qui s'exprime habituellement spontanément à travers des moments festifs, des soirées plus longues au cours desquelles on cultive une vie relationnelle riche et nourrie, des sorties culturelles et autres sources de distractions précieuses pour notre équilibre psychique, se trouve par ailleurs inhibée en raison des températures trop élevées qui limitent notre vie sociale. N'oubliez pas que, comme nous l'avons mentionné plus haut, l'Été est normalement la saison de l'ouverture vers l'extérieur !


Ici encore, la chaleur n'est donc pas seulement une affaire de température corporelle. Elle peut aussi modifier temporairement notre manière de vivre, de dormir, de bouger et d'interagir avec les autres, au point de voir décompenser à posteriori des troubles psychiques latents ou des fragilités plus ou moins bien équilibrées. Avec son approche globale, la MTC nous invite justement à ne pas séparer complètement ces différentes dimensions.


En pratique, au cabinet…


La notion d'adaptation est particulièrement importante dans la pratique de la Biokinergie.

Comme nous l'avons dit précédemment, le corps ne fonctionne jamais indépendamment de son environnement. Il doit constamment composer avec la température, le rythme de vie, l'activité physique, la qualité et la quantité de ce que nous mangeons et buvons, le sommeil, les émotions, les contraintes professionnelles, notre histoire personnelle, etc.


Une période de chaleur importante constitue une contrainte supplémentaire à laquelle l'organisme doit donc s'adapter. Certaines personnes ressentiront davantage de fatigue ou de tensions, notamment dans la région lombaire pour les raisons évoquées plus haut, et ces motifs de consultation sont extrêmement fréquents à mon cabinet ces dernières semaines. D'autres remarqueront surtout une modification de leur sommeil, de leur humeur ou de leur niveau d'énergie, tandis que certaines ne ressentiront pratiquement aucun changement. Il n'existe pas une réponse universelle mais autant de réponses que d'individus.


La Biokinergie, choisie pour sa douceur et son approche non invasive, ne vise pas à traiter les conséquences médicales d'une canicule. Elle s'inscrit dans une approche globale de la personne, en accompagnant le corps dans ses propres capacités d'adaptation. La grille de lecture et de compréhension de la Médecine Traditionnelle Chinoise éclaire notre pratique à la lumière des lois qui la sous-tendent, unissant au sein d'un même système tout le Vivant et les cycles naturels auxquels il est soumis.


Ceci nous invite à poser la question suivante : Comment alors accompagner au mieux un organisme qui cherche en permanence à retrouver son équilibre ?


Le Biokinergiste, dont la main est guidée par l'expression des perturbations que l'organisme ne parvient pas à corriger lui-même spontanément, tant sur le plan biomécanique que sur les plans psycho-émotionnels et énergétiques, sera en mesure de déceler les points d'acupuncture à "travailler" pour concourir à une adaptation optimale de l'organisme aux contraintes auxquelles il est soumis, ainsi que les tensions tissulaires dont certaines peuvent relever de facteurs environnementaux tels que les énergies perverses "climatiques" auxquelles fait référence cet article. Cette proposition s'inscrit dans un schéma d'accompagnement et de prévention cohérent avec les notions énumérées précédemment, tout en respectant les ressources et l'environnement propres à chaque individu.


Une saison à traverser... et une autre à préparer


Si notre organisme s'adapte à la chaleur comme il s'adapte au froid, aux changements de rythme, au sommeil, à l'activité physique et aux différentes contraintes de la vie, la MTC propose de regarder cette adaptation dans la durée. Comme évoqué précédemment, une saison peut influencer la suivante et les ressources mobilisées aujourd'hui mériteraient parfois d'être préservées pour demain.


Si la physiologie moderne nous permet de comprendre les mécanismes concrets de la thermorégulation et les risques liés aux fortes chaleurs, la MTC propose, quant à elle, un autre langage pour réfléchir aux notions de ressources, de terrain et de cycles. Ces deux regards ne disent pas la même chose et ne doivent pas être confondus, mais ils peuvent nous conduire à une même attitude très simple : écouter son corps plutôt que lutter contre lui, en lui laissant le temps de s'adapter et en l'accompagnant à vivre les changements dans une forme de respect de ses limites et capacités. La compréhension des quelques notions de MTC évoquées ici vous permettra peut-être de porter un regard encore plus pertinent sur vos ressentis et sensations.


En résumé,


Dans certaines circonstances, la chaleur peut constituer une contrainte pour l'organisme. Selon la MTC, une chaleur excessive telle que celle que nous connaissons actuellement peut progressivement consommer le Qi et les liquides et, lorsqu'elle se prolonge, solliciter davantage les ressources Yin associées aux Reins.
Cette lecture énergétique ne doit pas être confondue avec la physiologie moderne, mais elle offre une manière intéressante de réfléchir à la notion de terrain et de préservation des ressources précieuses à notre équilibre et à notre santé.
C'est dans ce contexte que la Biokinergie se propose d'accompagner tous ceux qui souhaitent favoriser l'adaptation de leur organisme aux contraintes, parfois extrêmes, des saisons.


Votre biokinergiste, Jérôme Lachot

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